Affaire Khashoggi, suite

Mardi 16 octobre, les Etats-Unis commençaient à faire mine de croire les dires des autorités saoudiennes selon lesquels le commando qui a assassiné Jammal Khashoggi dans les locaux du consulat d’Arabie Saoudite d’Istanbul aurait agi sans instructions. De leur côté, les gouvernements européens restaient dans une expectative gênée.

Pavillon de l’Arabie Saoudite

Mais voici que dans son édition qu’hier 17 octobre, un organe de presse stanbouliote islamo conservateur et proche du gouvernement, le Yeni Safak, annonce avoir eu accès à un enregistrement audio prouvant que le journaliste saoudien a bien été torturé (doigts sectionnés) puis assassiné par décapitation en présence du consul dont on entend la voix, l’ensemble de la scène ayant duré 7 minutes. Le Washington Post, dont Khashoggi était un des éditorialistes, avait fait état il y a plusieurs jours de l’existence de ces enregistrements. Les renseignements viennent en ligne directe des autorités policières turques et sont jugés tout à fait crédibles par les services de renseignement occidentaux aux dires du New York Times.

Dans mon précédent article, j’ai notamment exposé que le consul encourait très normalement l’arrestation l’incarcération et une condamnation pour crime en Turquie même puisque n’étant pas un agent diplomatique, il ne bénéficie que d’une inviolabilité limitée qui tombe en cas de commission d’un acte criminel (qu’il soit acteur direct ou complice) sur le territoire de l’Etat d’accueil.

Mais voilà, il a apparemment quitté Istanbul tranquillement ce mardi 16 octobre. Cela aurait été une question d’honneur et de défense de sa souveraineté de la  part de la Turquie dont la police recherche actuellement les restes de la dépouille de J. Khashoggi autour de la résidence du consul.

Reste les gouvernements des démocraties… !  Et cet acte abominable, barbare, qui sape en outre la confiance que l’on peut – ou pouvait ? – encore placer dans ce plus petit dénominateur commun, universel et essentiel, ce dernier réduit de la confiance qu’est le droit diplomatique.

 

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