Emmanuel Macron : un projet pour l’Europe

  • Pendant ses élections présidentielles, on a peu parlé en termes positifs de l’Union européenne. Il est vrai que, dans son inachèvement actuel, elle présente quelques défauts. On parle bien peu cependant de tout ce qu’elle nous apporte et de ce qu’elle représente de fondamental pour nous, ses citoyens, et pour le monde. Comme en beaucoup d’autres domaines, Emmanuel Macron est sorti du lot en portant le souffle européen durant toute la campagne.

L’Europe se doit d’assumer notre avenir car notre avenir est en elle, plus que jamais. Et là, nous sommes à la croisée des chemins ! C’est en Européens unis que nous pourrons faire face aux périls qui montent en ce monde. Mais pour cela, l’Union européenne se doit aussi de saisir le moment exceptionnel qui lui est offert paradoxalement par le Brexit et les récentes défaites électorales du populisme en Autriche, aux Pays-Bas et en France et se réformer pour ne pas dire se refonder.

Procédons d’abord à un état des lieux, mondial et européen.

Le constat « monde »

L’Union européenne n’est pas un affaiblisseur de souveraineté. Elle est bien au contraire un levier irremplaçable de souveraineté, sans lequel notre pays ne pourrait affronter la convergence exceptionnelle de défis que nous lance le monde d’aujourd’hui: mondialisation irréversible, changement climatique et transition énergétique, flux migratoires massifs et pérennes, terrorisme de masse internationalisé, déliquescence de certains Etats, puissance planétaire acquise par le commerce et l’économie chinoise, tendances au totalitarisme chez d’autres (Russie, Turquie, Iran), affaiblissement de l’ONU, cyber-attaques déstabilisatrices contre les démocraties, réarmement massif de toutes les autres puissances, y compris celles de taille moyenne.

Le constat « Europe »

Il est vrai que ses dirigeants n’ont pas été durant la dernière décennie à la hauteur de ce grand projet. Ils ont préféré gérer les crises par des décisions techniques, au coup par coup, sans vision, sans stratégie et par-dessus tout sans vraie solidarité. Le résultat est une convergence inaboutie dans des domaines cruciaux comme les systèmes sociaux, la circulation de la main-d’œuvre dans des conditions qui ne soient pas de la concurrence déloyale, la fiscalité, la défense et la sécurité, le traitement des flux migratoires (à la fois pour une meilleure protection des frontières extérieures de l’Union et pour un accueil digne et bienveillant des réfugiés demandeurs d’asile), outre la défaillance du couple-moteur franco-allemand sans lequel l’Union n’avance pas.

Le moment est venu d’un vrai projet pour l’Europe

L’Union européenne doit désormais et de façon urgente assumer pleinement ce qu’elle est: cette conjugaison inédite dans le monde, associant paix, sécurité, liberté, solidarité et prospérité. Nul autre Etat ou ensemble d’Etats dans le monde l’égale en termes de protection des libertés individuelles, en termes de niveau de protection sociale, en termes de sécurité globale des citoyens, en termes de stabilité monétaire et de prospérité. Sur ce dernier point, on oublie un peu facilement qu’elle est le 1er importateur et le 1er exportateur mondial devant la Chine ; qu’elle est la première puissance économique mondiale avec le taux de croissance le plus élevé du monde industrialisé et qui le serait plus encore… sans la France et de l’Italie. Pour tout cela, elle mérite de devenir une puissance politique influente capable de faire valoir ses intérêts et ses valeurs.

Or Emmanuel Macron est de tous les candidats à la présidence de la République le seul qui ait été porteur d’un vrai projet européen, avec les propositions suivantes qui sont ici présentées de façon synthétique:

  • D’accepter la réalité d’une Europe à deux vitesses pour construire une Union plus intégrée avec les Etats volontaires de la zone euro, en dotant celle-ci d’un gouvernement et d’un parlement économique;
  • De refonder l’Union dans le cadre d’une grande convention démocratique à la préparation de laquelle participeraient les citoyens de tous les Etats de cette Union resserrée, en revivifiant le sentiment de fierté d’appartenir à cette société unique au monde qui unit liberté individuelle et protection sociale;
  • D’affirmer la souveraineté politique de l’Union pour qu’elle protège ses membres, impose des règles aux concurrents étrangers, cesse d’être un marché ouvert à tous sans protection;
  • De créer une capacité d’endettement et une politique budgétaire communes, de relancer l’investissement public, d’investir dans l’innovation;
  • De relancer le couple franco-allemand, ce qui a commencé d’emblée à prendre corps, le 15 mai, lendemain de l’investiture du président Macron lors de son entrevue avec la chancelière Angela Merkel.

Reste, et ce n’est pas le moindre des défis, de donner un sens plus concret au concept de citoyenneté européenne énoncé par le traité de Maastricht et fort peu concrétisé depuis à l’exception du dispositif Erasmus pour les étudiants. Qui connaît, par exemple, les paroles de l’hymne européen ? La musique est belle, mais personne ne le chante.

C’est dans l’Union européenne que nous resterons souverains, ouverts au monde et fidèles aux valeurs de la France républicaine. Prétendre vouloir assurer la souveraineté de la France en dehors de l’Union européenne et de l’Euro est une tromperie grossière. Cela conduirait la France à l’isolement régional et international, à une monnaie faible qui renchérirait le coût de nos importations, à un appauvrissement généralisé dont les plus faibles de ses citoyens souffriraient évidemment le plus et à une certaine forme de déshonneur.

 

 

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