Un G7 à la plage

Organiser un G7 à Biarritz au mois d’août ce qui amène un contre-G7 altermondialiste et potentiellement violent à Hendaye. Mais quelle idée ?

Au G7 2018

Les habitants et commerçants de Dinard qui ont eu le privilège (triste, à les entendre !) d’accueillir le petit G7 – les réunions préparatoires au grand sommet du mois d’août – les 5 et 6 avril derniers, n’en décolèrent pas. Pendant plusieurs jours, la ville a été littéralement paralysée, comme vidée de ses habitants, empêchés de se déplacer ne serait-ce qu’en vue d’une promenade sur ce magnifique bord de mer de la côte d’Emeraude. Il fallait protéger, isoler, les 7 ministres des affaires étrangères ainsi que la délégation de l’Union européenne et les 1000 personnes qui les accompagnaient.

Et ce sera bien pire à Biarritz du 24 au 26 août, et même plusieurs jours avant, alors que la saison touristique bat encore son plein à cette période, qu’il fera beau et que la ville et ses environs, comme toute la côte basque, accueillera encore de nombreux vacanciers outre les résidents permanents. Ce seront cette fois 24 délégations étrangères autour des chefs d’Etat et de gouvernement et leurs conjoints, les milliers de personnes les accompagnant, une foule d’agents de sécurité, plus de 10 000 agents des forces de l’ordre, sans compter les centaines de journalistes accrédités. La gare et l’aéroport seront fermés, les accès au centre- ville, à la grande plage, à la bande littorale extrêmement réduits et limités aux porteurs de badge. Que du plaisir.

Ah ! cette manie qu’ont les organisateurs des grands sommets diplomatiques à vouloir à tout prix être sur les plages des stations balnéaires alors qu’ils ne se baignent pas ! Charleville-Mézières, Maubeuge, Hagondange, Saint-Flour, Vic-Fezensac, curieusement, ça ne leur parle pas. Des sites dignes d’intérêt pourtant. Et bien non ! La plage, toujours la plage : Nice, Evian, Dinard, Biarritz, pour ne parler que des sommets « français » et 65 millions d’euros pour adapter l’Hôtel du Palais, établissement communal concédé à un grand groupe hôtelier, où auront lieu les réunions.

Certes, il faut une importante capacité hôtelière pour abriter un G7,  un lieu aisément sécurisable et de grand standing pour les réunions, un aéroport pas trop éloigné, des sites touristiques intéressants pour occuper les conjoints des chefs d’Etat et de gouvernement (à Biarritz, ce sera notamment une excursion à Espelette). Mais on peut trouver cela hors des grandes et belles plages de notre littoral : Enghien-les Bains, Vichy…Non ?

Bon, allez ! Bonne chance tout de même. Il y a de quoi faire en ce monde où certains ont tendance à se croire seuls à l’habiter.

 

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