Javier Pérez de Cuéllar

L’ancien secrétaire général de l’ONU (1982-1991), Javier Pérez de Cuéllar vient de nous quitter le 4 mars à l’âge de 100 ans dans sa résidence de Lima au Pérou.

J’avais eu l’honneur de faire sa connaissance en 2001 et de passer deux belles journées en sa compagnie lorsqu’il avait aimablement accepté mon invitation à venir rencontrer mes étudiants en « diplomatie et carrières internationales ». A cette époque, il résidait une partie de l’année à Paris, ce qui avait évidemment facilité les choses. Je l’avais rencontré pour la première fois à son domicile du 7e arrondissement, avenue de La Bourdonnais où il m’avait accueilli avec tant de simplicité et de gentillesse.

Javier Pérez de Cuéllar fut un grand secrétaire général en un moment crucial de l’histoire contemporaine où l’Union soviétique de Gorbatchev cheminait vers sa dissolution pour laisser place à la Fédération de Russie ; où le Mur de Berlin s’effondrait préparant la réunification de l’Allemagne ; où les Balkans allaient s’embraser avec la disparition de la fédération yougoslave ; où Deng Xiaoping, artisan de la modernisation de la Chine, engageait son pays dans une ère nouvelle, prémisses de la grande puissance qu’il est aujourd’hui ; où le monde occidental, États-Unis en tête, pensait avoir définitivement vaincu l’hydre totalitaire. Une décennie de bouleversements majeurs. Il fut en ce temps-là LE diplomate du monde.

Il a écrit un très bel ouvrage en espagnol, le Manual de derecho diplomático, publié en 1997 dans une édition mexicaine, qu’il a dédié à ses collègues diplomates péruviens.

Durant ses deux mandats à la tête de l’Organisation mondiale, et même ensuite, Javier Pérez de Cuéllar aura marqué profondément l’histoire des institutions multilatérales dont nous avons plus que jamais besoin aujourd’hui : « Sa vie s’étend non seulement sur un siècle, mais aussi sur toute l’histoire des Nations unies » (Antonio Guterres, actuel Secrétaire général de l’ONU).

 

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