Julian Assange. Suite

Et voilà ! Jusqu’à présent ce n’était qu’une supposition. Désormais c’est une certitude : un mandat d’arrêt secret a bien été émis aux Etats-Unis visant Julian Assange, le célèbre lanceur d’alerte de Wikileaks, actuellement réfugié au sein de la petite ambassade d’Equateur à Londres.

L’adjoint de l’Attorney général vient de commettre une bourde en mentionnant involontairement dans un document judiciaire qui ne concernait pas l’affaire Wikileaks et par l’effet d’un malencontreux copier-coller, l’existence de ce mandat d’arrêt. Les Etats-Unis tenaient à le garder secret dans l’espoir de piéger Julien Assange le jour où il quitterait les locaux de l’ambassade[1].

Ambassade d’Equateur à Londres

Dans les précédents posts concernant cette affaire nous précisions qu’il y avait un danger pour Julian à sortir de son refuge et à se livrer à la justice britannique alors même que les poursuites engagées contre lui par la Suède ont été abandonnées en mai 2017, tout comme le mandat d’arrêt européen lancé par ce pays. De son côté, le Royaume-Uni ne lui reproche plus que de n’avoir pas totalement satisfait aux conditions de sa liberté sous caution quand il était sous le coup de l’ancien mandat d’arrêt suédois et d’une procédure d’extradition.

S’il sortait de l’ambassade, il lui faudrait donc repasser devant un juge. La sanction qu’il risque à cet égard pourrait aller de la simple amende à une peine maximale d’un an de prison. C’est la raison pour laquelle la police britannique avait déjà fait savoir que si Julian Assange sortait de l’ambassade, elle serait contrainte de l’arrêter. De plus en février 2018, le Tribunal de Westminster a considéré qu’en ne se rendant pas à la justice à la veille de la décision sur son éventuelle extradition vers la Suède, Julian Assange avait entravé le cours de celle-ci. L’entêtement judiciaire est tel que cette affaire n’est pas encore tout à fait soldée côté britannique, bien qu’au bout du compte ce soit une véritable et longue réclusion qu’a vécue l’intéressé.

Mais jusqu’à présent planait aussi un doute, beaucoup plus inquiétant et qui ne permettait pas à Julian de prendre le moindre risque : on ne savait pas, si les Etats-Unis avaient lancé au Royaume-Uni un mandat d’arrêt sur Julian Assange. Auquel cas il se retrouverait encore une fois confronté à un risque d’extradition. Maintenant, on sait ce qu’il en est !

 

[1] Matt Zapotovsky et Devlin Barrett, « Julian Assang has been charged, prosecutors reveal inadvertently in court filing”, The Washington Post, 15 novembre 2018,

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