L’esclavage contemporain dans le monde

Ce sont des chiffres impressionnants que révèle le rapport de l’ONG Walk Free et probablement sous-estimés compte-tenu de la difficulté à recenser l’intégralité des cas dans nombre de pays. D’autant que la notion d’ « esclavage moderne » s’applique à une grande diversité de situations.

Selon l’ONG australienne Walk Free, (Rapport 2016 Global Slavery Index) ce sont 46 millions d’individus qui peuvent être considérés comme étant réduits à l’état d’esclaves dans le monde actuel. Les pays où le phénomène se rencontre le plus : l’Inde, la Chine, le Pakistan, l’Ouzbékistan, la Russie.

Ces cinq pays concentrent à eux seuls 61% des cas. L’Inde se situe largement en tête de ce triste classement avec 18,35 millions de victimes, la Chine en comptant 3,39 millions, le Pakistan 2, 13, le Bangladesh 1,53, l’Ouzbékistan 1,23, la Russie 1,04, le Nigéria 834 000, la RDC 762 900, l’Indonésie 714 100. Les deux-tiers des personnes concernées se trouvent en Asie.

Ce qui explique l’importance de ces chiffres, c’est que les situations individuelles que prend en compte la notion d’« esclavage moderne » sont diverses. Peut-être serait-il d’ailleurs plus approprié de parler d »’esclavagisme » quand la situation de la victime, pour regrettable et scandaleuse qu’elle soit, n’en fait pas juridiquement la propriété – au sens patrimonial du terme – d’une autre personne ou d’un groupe d’individus.

Sont prise en compte aujourd’hui des situations comme : la traite des êtres humains, le travail forcé notamment de personnes vulnérables, la vente et l’exploitation d’enfants, l’incorporation d’enfants soldats, le trafic d’organe, la servitude pour dette, le mariage non consenti, la prostitution imposée, la mendicité forcée…

Et la France, où en est-elle dans tout cela ?

On y relève tout de même 12 000 cas, en dépit du fait que le 5 août 2013, le Code pénal se soit enrichi d’une nouvelle incrimination : celle de « servitude », plus générale que celle de travail forcé ou de séjour clandestin. L’esclavage, ne disparaît pas pour autant de l’arsenal répressif français actuel, bien au contraire, puisqu’il entre désormais dans la catégorie des crimes contre l’humanité (nouvel article 212-1 du code pénal) en tant qu’il s’applique à tout exercice à l’encontre d’une personne d’un des attributs du droit de propriété.

 

 

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