La Macédoine a enfin un nom

La Macédoine aurait bien voulu s’appeler République de Macédoine (capitale : Skoplje). Mais la Grèce s’y est opposé avec énergie depuis que sa voisine, ancienne république fédérée de la Yougoslavie, est parvenue à l’indépendance en 1991.

Le motif invoqué par la Grèce : le nom de Macédoine fait partie de son patrimoine historique et culturel, outre qu’il est l’appellation d’une de ses provinces (chef-lieu : Thessalonique) qui fut le berceau de l’empire d’Alexandre III le Grand (356-323 av. J.-C.). Dès lors, pour les autorités grecques, il n’était pas question qu’une entité étrangère se l’attribue comme dénomination. Si bien que depuis 1991, la petite république indépendante n’avait qu’un nom provisoire : celui, prosaïque, d’Ancienne République Yougoslave de Macédoine (ARYM).

Outre le nom, son drapeau était aussi contesté par la Grèce puisque l’ARYM entendait y faire figurer, de façon stylisée, ce qui est considéré comme le symbole de la Macédoine d’Alexandre, le Soleil de Vergina, un soleil jaune à seize branches sur fond rouge. Il est appelé ainsi parce qu’un archéologue a retrouvé ce symbole antique ornant un cercueil royal en or massif, lors d’une campagne de fouilles menée en 1977. Le site est celui de l’ancienne capitale de Philippe II, le père d’Alexandre (et où se trouve notamment son tombeau) : Vergina (Aigai en grec ancien), près de Thessalonique. Admise à l’Onu en 1993, l’ARYM était ainsi le seul pays à ne pas y avoir de drapeau. Enfin, un accord entre les deux pays était un préalable incontournable à l’entrée future de l’ARYM dans l’Union européenne et dans l’Otan.

Un processus s’est finalement engagé en 2017 entre les deux pays en vue de trouver un accord, avec, des deux côtés, un bon esprit de compromis. Il s’est poursuivi au cours de ce premier semestre de 2018 pour parvenir à l’accord signé le 17 juin dans le village frontalier de Psarades en présence des deux Premiers ministres et des deux ministres des Affaires étrangères. La jeune république prend donc officiellement le nom de Macédoine du Nord. Mais il faut maintenant que le traité soit ratifié après passage devant les parlements. Or des deux côtés les chefs de gouvernements se sont vus accusés de capitulation pour les uns et de trahison pour les autres. A suivre, donc, au cours du second semestre de 2018.

Pour des informations sur le magnifique site archéologique de Vergina, voir le beau blog de Christine MOULIN, http://www.decouvrirlagrece.com/

 

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