Maduro s’en prend à l’ambassade de France à Caracas

Depuis le début du mois de mai, l’ambassade de France à Caracas est l’objet d’entraves à son fonctionnement de la part des autorités gouvernementales vénézuéliennes. Elles prennent la forme d’une interruption totale de fourniture d’eau et d’électricité. Il en est de même pour la résidence de l’ambassadeur de France, M. Romain Nadal, en poste depuis 1997.

Ambassade France à Caracas

Or ce qui doit s’interpréter comme une agression délibérée contre une mission diplomatique est contraire à la convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques.

L’État accréditaire doit en effet faire en sorte qu’il ne soit pas porté atteinte à la dignité des missions diplomatiques étrangères et qu’elles ne subissent aucune entrave à leur fonctionnement. On se réfèrera notamment en la matière à l’article 22 § 2 de la convention de Vienne évoquant l’obligation spéciale qu’a cet État de veiller à ce que la paix de chaque mission ne soit pas troublée ni sa dignité amoindrie.

Il s’agit à l’évidence d’une réaction du triste régime de Nicolas Maduro au fait que la France fait partie de la cinquantaine d’États qui ont reconnu en 2019 l’opposant Juan Gaïdo comme président par intérim du Venezuela et de certaines déclarations des autorités françaises à l’encontre de M. Maduro. Il faut dire que M. Nadal ne s’est pas privé non plus de manifester ostensiblement ses préférences.

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères avait convoqué le 13 mai, l’ambassadeur du Venezuela à Paris pour protester contre le traitement infligé à sa représentation diplomatique à Caracas. Mais on sait la faible portée qu’ont en général ces représentations (terme qui signifie dans ce cas en diplomatie « protestations »). En l’occurrence, aucun résultat. Alors, ne serait-il pas temps de rompre les relations diplomatiques avec le Venezuela et renvoyer du même coup, dans son pays, son ambassadeur à Paris qui coule des jours heureux en France ? Quel est l’intérêt de maintenir une représentation dans un pays qui ne veut plus de vous et vous le fait clairement sentir ? Quels sont les intérêts si importants que nous ayons à défendre dans ce pays dévasté par le régime, au prix de notre dignité ?

Ce 5 mai, dernier avatar de ces relations diplomatiques qui n’en sont plus, le mensonge du régime sur la prétendue présence de Juan Gaïdo au sein de l’ambassade de France où il se serait réfugié. Assertion démentie tant par le MEAE français que par l’entourage de l’intéressé. Même si cet asile en ambassade aurait été en l’espèce parfaitement licite au regard du droit international public sous réserve que M. Guaïdo ait été effectivement menacé, cela aurait été au demeurant fort maladroit de sa part et l’aurait probablement condamné à un long enfermement autant qu’à un long silence.

 

 

 

 

 

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