Much ado about nothing : de l’art de lancer une pétition à contretemps

Ces derniers jours a circulé sur internet une pétition portée par le site change.org. pour demander à ce que ne soit pas créé un statut de la Première dame avec un budget dédié. La belle affaire !

D’abord, il y a bien maintenant deux mois de cela que le cabinet du président de la République a fait connaître que ce ne serait pas un  statut mais plutôt une charte, donc un texte à caractère plutôt informel, non réglementaire et non contraignant, plus aisément adaptable à la diversité des personnalités qui succéderont dans le futur à Madame Macron. Donc déjà sur ce point, la pétition affiche un net retard.

Ensuite, s’agissant de demander que la Première dame ne puisse se voir allouer aucun budget, là encore la revendication tombe à plat : depuis des décennies son cabinet personnel installé à l’Elysée fonctionne à partir d’un petit budget pris sur la dotation annuelle de la présidence de la République que vote le Parlement. Il y a donc déjà un budget, mais non autonome si l’on peut dire : il fait partie du « paquet » Elysée.

Il est bien normal, et la République l’a toujours bien compris, que le conjoint du chef de l’Etat, accomplissant un certain nombre de taches qui par tradition lui incombent (par exemple répondre aux correspondances adressées à elle ou au président quand il s’agit de demandes particulières à caractère social, caritatif, etc. : 100 par jour à l’heure actuelle rien que celles adressées à titre personnel à Mme Macron) puisse financer sa petite équipe. La pétition ne remet d’ailleurs pas en cause le fait qu’elle puisse avoir ce cabinet autour d’elle, ce qui est contradictoire avec le fait de demander qu’elle n’ait pas de budget. Il n’a de plus jamais été question de lui allouer un traitement, ce qui était très clair dès le début.

Enfin, les journalistes des JT et de plusieurs émissions du soir aux heures de grande écoute, en plein creux de sensationnel en cette période estivale, tombent joyeusement dans le panneau, s’employant à parler d’une « nouvelle polémique » et d’un revirement fantasmé du président de la République.

Much ado about nothing aurait dit Shakespeare !

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