One Planet Summit

 

Que de commentaires désabusés n’a-t-on pas fait sur ce sommet qui s’est tenu à Paris et Boulogne-Billancourt le 12 décembre à l’initiative du président Macron. Et portant, il fallait le faire ! Oui, bien sûr, de nombreuses institutions qui financent les énergies fossiles étaient absentes, comme la banque européenne d’investissement. Oui, les Etats-Unis n’étaient pas là, et ils sont l’un des plus gros pollueurs de la planète. Mais c’est l’Etat fédéral qui était absent, les forces vives étaient représentées, emmenées notamment par Bill Gates et Leonardo di Caprio au nom de leurs fondations respectives, John Kerry aussi, l’ancien Secrétaire d’Etat de Barak Obama. Etaient également présent, entre autres, du côté des institutions internationales l’Onu et son secrétaire général, de même que la Banque mondiale, cette dernière étant même co-organisatrice du sommet où elle a pris l’engagement significatif de ne plus financer de projet d’extraction et d’exploitation d’énergies fossiles.

Il ne s’agissait pas de signer un traité de plus ni de se substituer à la COP, mais de s’engager sur des actions à mener et des financements à engager dans une coalition public-privé. Et quand tout le reste du monde – plus d’une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement – est là, cela peut se faire sans que certains poids lourds soient présents.

Les sommes prévues pour être engagées peuvent paraître dérisoires au regard des besoins. Elles ne le sont pas, car il s’agit de compléments qui s’ajouteront aux montants libérés en application des accords COP.

Avant tout, le temps presse. On sait que l’objectif des 2° d’augmentation de la température moyenne du Globe à l’horizon de la fin du siècle ne sera pas tenu. Ce sera au mieux 3°, peut-être 4 ! Autrement dit, une catastrophe programmée. Déjà, le nombre des réfugiés climatiques a dépassé en 2016 et 2017 celui des réfugiés pour cause de guerre.

Il y a cependant un gros problème, et il est terrible ! On sait très bien ce qu’il faut faire, on sait quelle est l’ampleur des engagements qu’il conviendrait de prendre et de mettre en œuvre pour entrer enfin dans une phase de régression des émissions de CO2 (elles s’étaient stabilisées durant deux années avant de repartir à la hausse en 2017). Mais en même temps, il n’y a pas d’autre choix que de résister aux sirènes de la décroissance et d’une conversion brutale parce que trop rapide à un mode de vie dégagé des énergies fossiles. Il est pratiquement impossible de réorienter en quelques années, à l’échelle universelle, et même à l’échelle d’un pays développé comme la France, un modèle de production, de commercialisation, de développement, une relation globale de nos sociétés à la nature, fondés sur la surexploitation des ressources naturelles ainsi que la suralimentation de la plus grande partie de l’humanité. Il y faudrait, il y faudra… des décennies. Un temps de réaction incompressible, quoi que l’on fasse, quoi que l’on espère. Sauf à en faire une nouvelle idéologie totalitaire, ce qui je l’espère nous sera épargné, la guerre au CO2 prendra du temps. Nous avons pris au bas mot trente à quarante ans de retard sur la question.

Il n’en reste pas moins que tout ce qui incite et aide chaque citoyen, chaque pays, à agir maintenant pour tenter d’éviter le pire du pire est bienvenu, comme l’a été ce One Planet Summit.

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