Rappel de personnel diplomatique au Venezuela

Il ne s’agit pas dans un tel cas d’une rupture des relations diplomatiques mais simplement d’une fermeture temporaire d’ambassade, sine die, pour des raisons de sécurité de son personnel.

C’est ce que viennent de faire les Etats-Unis en décidant le rapatriement de l’ensemble du personnel de leur ambassade de Caracas au Venezuela, le 12 mars 2019, après cinq jours de panne généralisée d’électricité dans l’ensemble du pays et l’hostilité déclarée du président Nicolas Maduro. Ce dernier est considéré par les Etats-Unis et une partie de la société internationale comme un usurpateur. Il est responsable d’une paupérisation sans précédent du pays et se maintien au pouvoir grâce à des élections présidentielles (20 mai 2018) truquées par une fraude massive et l’interdiction de se présenter faite aux deux principaux opposants au régime.

Selon le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo « Cette décision reflète la dégradation de la situation au Venezuela, ainsi que le constat selon lequel la présence du personnel diplomatique à l’ambassade américaine est devenue une contrainte pour la politique américaine ». Cette déclaration paraît d’ailleurs indiquer que le fait de ne plus avoir sur lace de personnel diplomatique susceptible d’être pris en otage, voire pire encore, par le régime de Maduro, permettra aux Etats-Unis s’ils l’estiment nécessaire à un moment donné, de déclencher une intervention.

Il y a ainsi comme un message subliminal dans les termes de ce bref communiqué.

A cet égard, il n’est peut-être pas inutile de rappeler ici le « corollaire de la doctrine Monroe » formulé et ainsi qualifié par le président Théodore Roosevelt le 6 décembre 1904 dans un message au Congrès : « L’injustice chronique ou l’impuissance qui résulte d’un relâchement général des règles de la société civilisée, peut exiger en fin de compte, en Amérique ou ailleurs, l’intervention d’une nation civilisée et, dans l’hémisphère occidental, l’adhésion des Etats-Unis à la doctrine Monroe peut forcer les Etats-Unis, même à contrecœur, dans des cas flagrants d’injustice et d’impuissance, à exercer un pouvoir de police internationale ».

Il ne s’agissait plus de défendre les jeunes républiques d’Amérique latine contre d’éventuelles incursions européennes, ce à quoi tendait la doctrine Monroe énoncée en décembre 1823, mais de justifier d’éventuelles interventions des Etats-Unis contre des régimes politiques d’Amérique latine qui seraient considérés comme illégitimes et dangereux, pour leur population autant que pour les Etats-Unis. La notion d’« hémisphère occidental » déjà utilisée par Thomas Jefferson en 1813 (L’Europe étant le Proche Orient des Etats-Unis) fait référence à cet hémisphère vertical que représentent les deux continents américains, nord et sud.

 

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