La semaine des ambassadeurs 2017 – 2

Comme écrit dans le post précédent, la semaine des ambassadeurs était cette année l’occasion immanquable pour le chef de l’Etat nouvellement élu de présenter, le 29 août, les grandes orientations qu’il entend donner à sa politique étrangère durant le quinquennat.

« Il faut maintenir des liens exigeants avec tous » (E. Macron)

Un tel exercice conduit nécessairement, en partant d’un certain nombre de constats, à brosser un large tableau prospectif de ce que devront être la politique étrangère et l’action de nos services diplomatiques dans le monde bouillonnant et dangereux d’aujourd’hui. Néanmoins, certaines indications d’actions concrètes déjà entamées et à venir en ressortent. S’il fallait caractériser en quelques mots cette déclaration, nous dirions qu’elle s’appuie sur une démarche réaliste, volontariste et ambitieuse.

Nous en extrairons les points forts suivants, parfois sous une forme synthétique, parfois sous forme de citations directes (en italiques) du propos présidentiel.

  • La sécurité des Français est la raison d‘être de notre diplomatie. Elle va de pair avec la stabilité.
  • « Assurer la sécurité de nos concitoyens fait de la lutte contre le terrorisme islamiste la première priorité de notre politique étrangère».
  • Deux grandes zones concentrent aujourd’hui nos efforts dans la lutte contre ce terrorisme : la Syrie et l’Irak d’un côté, la Libye et le Sahel de l’autre.
  • « La reconstitution un jour d’un Etat de droit en Syrie, à laquelle la France et l’Europe apporteront leur contribution, devra s’accompagner de la justice pour les crimes commis, notamment par les dirigeants de ce pays».
  • Si nous voulons des résultats dans cette lutte contre le terrorisme et son financement, il faut maintenir des liens exigeants avec tous, avoir un agenda clair et des priorités établies, sans entrer dans ces grilles de lecture qui voudraient, comme le font certains, imposer un choix entre chiites et sunnites, et en quelque sorte, nous obliger à nous enfermer dans un camp.
  • La France se doit d’être porteuse de solutions et d’initiatives lorsque se profilent des crises nouvelles, désireuse partout où elle le pourra de porter le flambeau de l’action multilatérale, du dialogue politique et de la résolution de crise.
  • Là où nous sommes présents militairement, cela n’a de sens que dans le cadre d’un travail politique en profondeur, ce qui implique de faire davantage sur le volet du développement
  • L’ambition de permettre à la France, au sein d’une Europe relancée, de tenir son rang dans un ordre mondial profondément bousculé.
  • Travailler à la transformation de l’Europe autour d’une vision partagée. C’est la condition d’un nouvel ordre mondial plus stable, apaisant les rivalités des puissances.
  • « Nous avons aujourd’hui le devoir de refonder un ordre collectif, stable et juste, avec nos alliés et tous nos partenaires. Pour refonder cet ordre du monde, la diplomatie de la France doit s’articuler autour de trois axes forts : notre sécurité qui se conjugue avec la stabilité du monde ; notre indépendance qui impose de revisiter les termes de la souveraineté y compris européenne ; enfin notre influence qui va de pair avec la défense des biens communs universels ».
  • Attachement de la France à un strict respect de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien que son action a permis d’améliorer.
  • Un autre défi qui a à voir avec notre sécurité et la stabilité du monde : celui de la crise migratoire. C’est dans ce contexte que la France a mis au point ces dernières semaines un plan global et cohérent pour appréhender, à partir des efforts déjà entrepris, l’ensemble du parcours migratoire, depuis les pays d’origine, jusqu’aux pays de destination. D’où l’adoption le 28 août à Paris d’une déclaration conjointe, dans un format inédit, rassemblant, autour de la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Tchad, le Niger, la Libye et l’Union européenne, à travers des mesures très concrètes, un plus grand contrôle en amont de la Libye, de la possibilité sur des listes fermées, contrôlées par le HCR, d’identifier les populations les plus fragiles et les plus vulnérables ayant droit à l’asile. En envoyant des équipes européennes, en lien avec le HCR, nous serons à la fois plus humains et plus efficaces. Mais en organisant le retour vers les pays d’origine, de milliers de migrants qui se retrouvent aujourd’hui au Niger ou au Tchad, nous répondrons aussi à un défi infrarégional africain.
  • C’est en Afrique que se joue largement l’avenir du monde. La France ne saurait être ce pays postcolonial hésitant entre un magistère politique affaibli et une repentance malsaine. Les pays d’Afrique seront nos grands partenaires.
  • En matière de développement, l’objectif est d’investir 0,55 % de notre revenu national dans l’aide publique au développement d’ici à 2022 ; un effort considérable dans le contexte budgétaire pour les cinq années à venir qui doit aussi s’accompagner d’un changement de méthode.
  • Notre outil diplomatique a connu ces dernières années une érosion constante de ses crédits. Il aura les moyens de remplir ses missions.
  • Notre indépendance, c’est une souveraineté ouverte sur le monde, qui exige cependant d’être portée collectivement, quand les enjeux excèdent le cadre national.
  • Le multilatéralisme est un des instruments de notre indépendance.
  • Ne pas toucher aux traités européens existant, mais proposer de manière concrète une dizaine de sujets sur lesquels nous pouvons redonner à la fois une ambition à l’Europe et une envie d’Europe à nos concitoyens.
  • La France fera ainsi des propositions pour renforcer l’Union économique et monétaire, renforcer la convergence de nos politiques sociales et fiscales, permettre une meilleure identification de l’Union européenne aux idées qui comptent pour la jeunesse, notamment en matière culturelle, mais aussi pour approfondir l’Europe de la défense, renforcer la politique migratoire européenne, avoir une véritable Europe du climat et de l’énergie.
  • Nous lancerons dans les prochains mois, en France, et dans les autres pays volontaires, des conventions démocratiques pour mieux associer nos concitoyens à la réflexion sur l’avenir de l’Europe.
  • Notre premier bien commun c’est notre planète. Plaider à l’ONU pour l’élaboration et l’adoption d’un pacte mondial pour l’environnement.
  • La diplomatie économique est une priorité du réseau diplomatique et consulaire. La mesure de notre réussite sera l’augmentation du nombre d’entreprises exportatrices et la pérennisation de leurs flux d’exportation.
  • Il s’agit par conséquent de mettre en œuvre une puissante diplomatie de l’attractivité de la France.

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