Ce qui tue le plus dans le monde d’aujourd’hui

Il s’agit ici des activités humaines ainsi que des principales maladies infectieuses et transmissibles (on écartera cancers, AVC, diabète, Alzheimer, et autres) qui provoquent le plus grand nombre de morts, généralement prématurées, dans le monde d’aujourd’hui.

En ces temps de coronavirus, de confinements et de déconfinements, de lendemains incertains, peut-être n’est-il pas inutile de remettre quelques chiffres dans le circuit pour voir ce qui, en l’espace d’une année, engendre le plus de décès dans le monde.

N’en concluez pas, cependant, que je suis en train de dire que le SARS covid-19 est une vétille anodine. Il est bel et bien la cause d’une pandémie redoutable dont le bilan très provisoire s’établi à ce jour (24 juin) à plus de 480.000 décès dans le monde. Restons donc vigilants.

Les chiffres ci-après sont issus de sources officielles et fiables, le plus souvent les derniers rapports émis par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’ONU et ses agences ainsi que d’autres organisations internationales spécialisées comme la FAO. Et ces chiffres nous parlent. Pas seulement en tant qu’informations brutes mais aussi sur ce qu’ils nous disent de notre monde et de ce que nous avons à relever comme défis lancés à notre humanité.

  1. La faim et la malnutrition

Selon le Rapport annuel sur l’état de la sécurité alimentaire dans le monde, publié conjointement par la FAO, l’OMS, le PAM (Onu) et l’UNICEF (Onu) le 15 juillet 2019, les décès dus à la faim et à la malnutrition sont en croissance depuis trois ans. 820 millions de personnes souffrent de sous-alimentation (la malnutrition génère de nombreuses carences en termes de santé dont le surpoids, l’obésité, le diabète) ou de faim, tandis que 4 millions de personnes en meurent chaque année.

Une marche arrière qui doit nous rappeler l’objectif de « Faim zéro en 2030 » que la communauté internationale s’est fixée à elle-même dans le cadre des objectifs du développement durable.

  1. La tuberculose

Selon, le dernier rapport de l’OMS paru le 17 octobre 2019, la tuberculose, redoutable maladie infectieuse avec un R0 de 5 – elle est d’ailleurs la plus meurtrière dans cette catégorie – a tué 1,5 million de personnes en 2018 (100.000 de moins que l’année précédente), avec 2 millions de nouveaux cas enregistrés. On compte actuellement 10 millions de cas : 5,7 millions d’hommes adultes, 3,2 millions de femmes adultes, 1 million d’enfants.

La maladie touche essentiellement les pays les plus pauvres de la planète, mais aussi les plus densément peuplés : Asie du Sud-Est (44%), Afrique (24%), Pacifique oriental (18%). Huit pays concentrent actuellement les 2/3 des nouveaux cas : Inde, Chine, Indonésie, Philippines, Pakistan, Nigéria, Bangladesh, Afrique du Sud.

L’OMS déplore que dans le monde en ce moment, 1 nouveau cas sur 3 n’est pas dépisté et que seulement 7 sur 10 des personnes dépistées reçoivent un traitement.

  1. Les accidents de la route

Selon l’OMS, l’insécurité routière frappe durement chaque année : 1,3 million de morts en moyenne !

93% de ces décès sont enregistrés dans les pays les plus pauvres et ceux ayant un revenu moyen par habitant de niveau intermédiaire. Les raisons en sont très diverses : mauvais état des infrastructures routières, ouverture à la circulation d’ouvrages dangereux comme les routes d’altitude, mauvais état général des véhicules, absence d’examen de permis de conduire dans certains pays, imprudences des conducteurs, etc.

Il faut y ajouter des millions de blessés et de handicapés. A eux seuls, la Chine et l’Inde, pays les plus peuplés de la planète représentant 2,7 milliards d’habitants, totalisent près de 500.000 décès en accidents de la route.

Suivent dans l’ordre : le Brésil (209 millions d’habitants), l’Indonésie (267 millions d’habitants) le Nigéria (196 millions d’habitants), les États-Unis (380 millions d’habitants) qui se situent tous entre 40.000 et 30.000 morts par an.

  1. Le VIH

Le SIDA a provoqué 770.000 décès en 2018, tandis que 1,7 million de personnes ont été infectées durant la même année. Ces chiffres ne sont d’ailleurs que des moyennes prises entre une fourchette basse et une fourchette haute, compte-tenu des difficultés à établir un bilan précis des décès résultant de ce virus. Ils n’en sont pas moins réalistes.

A ce jour, ce sont 32 millions de personnes recensées qui sont décédées de cette maladie depuis qu’elle a été identifiée dans les années 1980, sur 75 millions de personnes infectées.

38 millions de personnes vivent actuellement avec le SIDA. A la fin du premier semestre 2019, 24,5 millions de personnes avaient accès au traitement antirétroviral. Grace à la prévention et au traitement, les décès liés au SIDA ont été réduits de 56% depuis le pic de 2004.

La tuberculose est la principale cause de décès des personnes vivant avec le virus : 1 décès sur 3.

On estime enfin que 20% des personnes infectées ignorent qu’elles le sont.

Source : Fiche d’information 2019 de ONUSIDA.

  1. Les homicides volontaires

Dans le monde, 464.000 personnes sont décédées en 2017 (chiffres de l’ONU) en raison d’homicides volontaires. Cela représente un total plus de cinq fois supérieur au nombre des décès directs dus à un conflit armé sur une l’année.

Il y a actuellement dans le monde, selon l’ONG Small Armes Survey, 850 millions d’armes dites « légères et de petit calibre » (LPC) : pour l’essentiel les armes de poing et tous types de fusils. Elles sont détenues à 75% par des civils, soit 640 millions de personnes et à 34% par des civils américains. Mais la région du monde la plus dangereuse à vivre au regard du taux d’homicide volontaire est l’Amérique centrale en y ajoutant le Mexique (il appartient géographiquement à l’Amérique du Nord) : 62 homicides volontaires pour 100.000 habitants.

Ce sont les jeunes hommes de 15 à 29 ans qui, confrontés à un environnement violent (dans le cadre de trafics illicites par exemple), sont le plus exposés à mourir d’un homicide volontaire.

Si les femmes et les jeunes filles représentent une part beaucoup plus faible des victimes de ce type d’homicides que les jeunes hommes, elles sont en revanche de très loin les principales victimes des homicides — ou féminicides pour employer le terme aujourd’hui pratiqué — commis dans le cadre conjugal ou familial : 9 cas sur 10. Notons au passage ceci : 35% des femmes adultes et de jeunes filles de plus de 15 ans ont subi des violences physiques ou sexuelles dans le monde.

Source : Bulletin ONU Info, 8 juillet 2019, « Les homicides tuent beaucoup plus de personnes que les conflits armés ».

  1. Le paludisme

405.000 morts de cette maladie en 2018 dont 94% en Afrique, pour 228 millions de personnes infectées cette même année selon le Rapport de l’OMS sur le paludisme dans le monde, de décembre 2019.

Les progrès dans la lutte contre cette maladie stagnent depuis plusieurs années. L’OMS estime que le bilan 2019 qui sera connu en 2020 sera, à peu de choses près, identique. Mais pour 2020, la prévention a été suspendue dans plusieurs États d’Afrique à cause du covid-19, alors attention. Les 2/3 des décès touchent les enfants de moins de cinq ans.

Le véhicule de la maladie : un moustique infecté.

  1. La guerre

Les conflits (Irak, Afghanistan, Congo, Darfour…) auraient fait, avec la réserve qu’un tel décompte impose, moins de 1 million de morts en une décennie, celle de 2001-2010, soit une moyenne de 100.000 décès par an.

L’actuelle décennie qui prend fin en décembre 2020 n’a pas été plus meurtrière en dépit des ravages de la guerre civile en Syrie (300.000 morts estimés) et de la guerre au Yémen.

 

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