Attaque du Capitol : inculpations pour sédition aux États-Unis

La justice des États-Unis vient pour la première fois ce jeudi 13 janvier 2022 d’accuser du crime de sédition – un fait extrêmement rare – onze acteurs de l’attaque lancée contre le Capitol le 6 janvier 2021, alors que le Congrès était réuni pour valider l’élection de Joe Biden à la présidence. Bien que certains élus républicains pro-Trump du Congrès tentent de minimiser l’importance de ces événements et plaident pour la clémence y compris envers les plus extrémistes, le procureur fédéral (il appartient au Département de la Justice des États-Unis) ne s’en laisse pas conter : un tel chef d’inculpation est extrêmement lourd. Tout indique qu’il ne considère pas vraiment les émeutes comme une kermesse qui aurait un peu dégénéré.

Parmi les inculpés figure Stewart Rhodes, le leader du groupe extrémiste, en fait une milice para:militaire d’extrême droite, les Oath keepers (litt. « gardiens du serment », sous-entendu fidélité littérale à la constitution, hostilité au pouvoir fédéral). Âgé de 56 ans, il s’agit d’un ancien parachutiste de l’armée ainsi que d’un ancien étudiant en droit de la prestigieuse université de Yale. Il a été arrêté hier à son domicile texan.

 Plus de 725 personnes ayant pu être identifiées comme ayant participé à cette attaque ont jusqu’à présent été interpelées. Toutefois, dans les poursuites qu’elle diligente à l’encontre des émeutiers du 6 janvier, la Justice fait la part des choses entre ceux qui sont intervenus dans l’attaque de façon préparée, organisée en y jouant un rôle moteur et ceux qui s’y sont laissés entraîner de façon émotionnelle, galvanisés par les propos de Donald Trump, sans avoir nécessairement conscience de la gravité des événements auxquels ils prenaient part.

Les Oath Keepers au Capitol le 6 janvier 2021

Le crime de sédition dont Rhodes et ses acolytes sont désormais accusés est défini comme étant le fait de tenter « de renverser, d’abattre ou détruire par la force le gouvernement des États-Unis ». Entre autres, le Département de la Justice détient des preuves selon lesquelles ce groupe de Oath Keepers aurait convoyé des armes jusqu’à Washington avant le 6 janvier et que des communications cryptées ont été mises en évidence, planifiant clairement l’attaque.

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