Et pendant ce temps

Et pendant ce temps-là notre climat et notre environnement planétaire se dégradent à grande vitesse.

Ce qui est fou dans cette agression envers l’Ukraine et la démocratie, c’est qu’elle va, entre autres, stimuler encore un peu plus une course aux armements et entraîner des destructions invraisemblables de biens alors que nous aurions tant et tant à investir dans la lutte contre le changement climatique planétaire. Il va sans dire qu’il est vital que nous nous adaptions à ce bouleversement majeur, que nous œuvrions à la décarbonation et à la transition énergétique de nos économies, de nos villes, à l’aide plus qu’urgente aux populations des pays du sud qui sont déjà confrontées de plain-pied à ce bouleversement auquel elles n’ont pas contribué et envers lesquelles nous avons par conséquent une dette. Nombre de ces peuples subissent à l’heure actuelle famines et manque d’eau comme au Kenya ou un peu plus haut dans la Corne de l’Afrique, ou en d’autres régions du monde des inondations répétitives, destructrices d’habitats et de récoltes.

Dans quelques années, ce qui se passe aujourd’hui sur les marches de l’Union européenne, cette attaque scandaleuse contre un État souverain au gouvernement démocratiquement élu, pour en changer le régime et soumettre son peuple par la contrainte, cette invasion d’un autre âge, ce crime international, nous paraîtront encore plus ubuesques qu’ils ne sont à l’heure actuelle.

Au cours des prochaines années, bien avant 2050, la moitié de l’humanité – près de quatre milliards de personnes – va voir s’effondrer dans des conditions dramatiques ses modes de vie, souffrir de chaleurs et de sécheresses infernales, de destructions irréversibles des sols, de la perte massive de cheptels, de catastrophes naturelles majeures, de submersions marines des habitats côtiers, de salinisation des terres, sans parler de la perte de biodiversité. Nous aurons de plus à gérer des déplacements de populations sans commune mesure avec ce que nous avons connu jusque-là. Enfin, tout cela ne sera pas sans créer des tensions et mettre en péril nos démocraties là où elles existent. Même les régions au climat jusqu’ici tempéré en subiront le choc (Ci-dessus : sur la côte des basques, habitat en péril).

Le rapport publié par le GIEC ce 28 février n’est plus alarmant puisqu’il fait le constat de ce qui est en cours… il est sidérant. Parce qu’il dresse en effet le constat des dégradations qui sont déjà à l’œuvre, qui s’aggravent rapidement et qui ne sont qu’un début (2e volet du 6e rapport d’évaluation portant sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité).

Une partie substantielle de ce que nous avons actuellement de moyens financiers et de richesses devraient servir à contenir autant qu’il est encore possible de le faire cette dégradation du climat global et à investir dans notre adaptation à une situation sur laquelle nous avons encore les yeux mi-clos. Des peuples – ils sont tous nos voisins – nous lancent déjà des appels de détresse. Pour le président du GIEC, M. Hoesung Lee, « Les besoins n’ont jamais été plus importants, parce que les enjeux n’ont jamais été aussi élevés » et l’enjeu désormais pour ne pas dépasser les +1,5° de hausse moyenne des températures est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50% d’ici… 2030. C’est dire combien cette décennie est cruciale.

Bref, l’agression, la guerre, l’usine à cauchemars qu’est le rêve d’empire, devraient plus que jamais être bannies de nos pratiques. Au stade où nous en sommes, ce sont maintenant autant de pertes de chance pour la dignité humaine et notre survie.

 

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