Négociation et mauvaise foi

On en sait assez sur Vladimir Poutine aujourd’hui pour être à-même de douter profondément de sa réelle intention de négocier avec les dirigeants ukrainiens. D’abord parce qu’il fait preuve de la plus évidente mauvaise foi. Demander comme préalables la dénazification (SIC), le désarmement total et la neutralisation de l’Ukraine témoigne de la plus parfaite mauvaise foi. C’est exiger que ce pays cesse d’être un État souverain, maître de ses appartenances, maître de sa politique. Comme disait Winston Churchill : « on ne négocie pas avec un tigre quand on a la tête entre ses dents ».

Sculpture pour la paix devant le siège de l’Onu, New York

Le seul préalable qui s’applique et qui n’est pas négociable à dire vrai, c’est le départ de l’armée d’invasion de l’ensemble du territoire de l’Ukraine. Rappelons à cet égard que le principe de bonne foi, aussi général soit-il, s’applique en droit international à l’ensemble des phases d’élaboration d’un accord : dans sa préparation, dans la négociation, dans son application.

Poutine qui aime tant la force n’est pas encore en position de force pour se lancer dans un round de négociations réelles. Et dans l’hypothèse où il le deviendrait, ce serait alors nos amis ukrainiens qui n’auraient plus rien à négocier. Sa seule façon de sortir par le haut dans cette histoire est de soumettre l’Ukraine. Il est donc parti pour une guerre qui peut durer, qui va probablement durer et que nous Européens allons devoir soutenir.

Tout cela n’empêche pas, bien au contraire, que le président Emmanuel Macron entretienne le contact avec V. Poutine au nom de l’Union européenne. Il sait à qui il a affaire. Mais aussi ténu que soit ce lien, qui s’inscrit dans un autre registre, celui de la médiation et de la diplomatie, il est nécessaire. A tous points de vue, dans cette présidence de l’Union européenne, en continuité avec la politique européenne de son quinquennat, il fait le job !

 

 

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