Les retards protocolaires indécents de Vladimir Poutine

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Il y a probablement une explication de nature caractérielle et maladive à cette manie anti-protocolaire, mais probablement faut-il y voir une façon grotesque de s’imposer et de déstabiliser ses interlocuteurs. Ce ne sont pas des retards d’avion et encore moins des retards véniels mais de véritables atteintes à la dignité de ses hôtes officiels dont il perturbe au passage l’emploi du temps ainsi que tout le dispositif d’État mis à place pour l’occasion (garde d’honneur militaire, cellules diplomatiques et services du protocole, services de sécurité et bien sûr, chefs d’État, chefs de gouvernement, y compris le pape.

Tout le monde « poireaute[1] » alors que ce sont des rencontres au timing établi à la minute près.

Et comme on va le voir, personne n’y échappe. Le livre des records de V. Poutine lors de rencontres bilatérales où ses hôtes l’avaient invité est le suivant :

Avec Angela Merkel, chancelière d’Allemagne en 2014 : 4h.15

Avec Viktor Ianoukovytch, président de l’Ukraine en 2012 : 4h.

Avec Ioula Timochenko, première ministre de l’Ukraine en 2009 : 3h.

Avec Alexandre Loukachenko, président du Belarus en 2013 : 3h.

Avec Shinzo Abe, premier ministre du Japon en 2016 : 3h.

Avec Tsakhiagiyn Elbegdorj, président de Mongolie en 2014 : 2h.

Avec Narendra Modi, premier ministre de l’Inde en 2014 : 1h.

Avec la réunion du « Format Normandie » à Minsk en 2015 : 1h.

Avec le pape François au Vatican : 50mn

Avec Charles XVO Gustave, roi de Suède en 2011 : 40mn

Avec Barak Obama, président des États-Unis en 2012 : 40mn

Avec Park Geun-hye, présidente de la Corée du Sud : 30mn

Avec Élisabeth II : 14mn

Ajoutons la rencontre Erdogan-Poutine en mars 2020 où il humilie le président turc en arrivant avec un retard de 4h.15. Record égalé ! Mais bien sûr, maintenant, il aura moins l’occasion de voyager.

Sources : Claire Jenik, « Poutine ou l’art du retard », Statista.fr, 4 janvier 2017, (d’après Radio Free Europe-RFE/Radio Liberty-RL et Agence Reuters : « Poutine aime faire attendre les dirigeants mondiaux »). Bruno Alvarez, « Pourquoi Poutine est-il toujours en retard ? », Ouest France (édition du soir), 4 janvier 2017.

[1] Poireauter : terme apparu au XIXe siècle dans le langage courant, par analogie avec notre légume à l’humeur de soufre qui patiente longuement, bien droit dans nos allées potagères avant qu’on veuille bien lui manifester de l’intérêt. D’où l’expression dérivée : « faire le poireau ». Pour ceux que la botanique intéresse comme moi, précisons que le poireau (Allium porrum) est un ail, donc bien fixé au sol, et fait partie de cette belle sous-famille aujourd’hui intégrée à la grande famille génétique des Amaryllidacées.

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