Diplomatie, diplomaties

En ces temps, difficile de trouver un mot plus employé à de multiples usages que celui de « diplomatie ». En fait, non ! Il y en a un autre, objet d’usages encore plus improbables : « philosophie ». Jusqu’au sélectionneur de l’équipe de France de football qui aurait, selon les médias, Sa « philosophie » du jeu en vue de la prochaine coupe du monde. Il ne s’agit cependant, pour faire simple,  que de savoir si on entrera sur le terrain en 4-4-2 ou 4-3-3. De la stratégie peut-être, d’un système de jeu, plus sûrement. Mais on est quand même assez loin d’un débat sur l’impératif catégorique kantien en tant que loi que la raison se donne ou sur la question de la possibilité d’une weltangschaung comme tentative de penser une vision globale du monde.

Pour ce qui est de « diplomatie », tout se passe comme si on demandait à ce mot de détruire l’objet qu’il désigne. Car il n’a plus l’air de se suffire à lui-même désormais. Autrefois, il allait dans une altière solitude. A lui seul, il disait tout… tout ce que pouvait faire un diplomate dans la représentation de son pays à l’étranger.

Le voilà aujourd’hui affublé d’une foule d’épithètes, comme s’il y avait une foule de diplomaties, différentes les unes des autres, n’obéissant pas aux mêmes procédés fondamentaux. Des diplomaties cloisonnées en quelque sorte dans des finalités particulières techniques, thématiques et autonomes.

On parlait déjà de diplomatie économique ou de diplomatie culturelle qui ne sont autres que le champ normal de la diplomatie. Mais on a vu arriver il y a peu la diplomatie environnementale, la diplomatie des droits de l’homme, la diplomatie numérique et, pour rassembler le tout, une « diplomatie globale », ce qu’en définitive la diplomatie a toujours été.

Egalité, Concorde, Solidarité. Crédits photo Dreamtime

Il y aurait même désormais une « diplomatie féministe » à en croire notamment le Premier ministre canadien, Justin Trudeau. Mais qu’est-ce donc ? D’abord, fait-il le ménage, les courses et la cuisine chez lui ? Le respect constant que nous devons aux femmes, nos égales, nos sœurs en humanité, commence par là. Qu’il y ait du travail à faire à l’échelle du monde en ce domaine, osons espérer que nul n’en doute. Et je vous proposerai très bientôt sur ce blog un article de synthèse sur la protection internationale des femmes. Mais une diplomatie de genre… Et quoi encore ?

 

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